Conformité & réglementaire

Système de sécurité incendie de catégorie A

Par l’équipe Harmony

Un système de sécurité incendie de catégorie A associe le système de détection incendie (SDI) au système de mise en sécurité incendie (SMSI). Il coordonne l’alarme, l’évacuation, le compartimentage et le désenfumage. Ce SSI n’est pas requis dans tout ERP : le choix dépend de l’activité, des locaux, des risques et des prescriptions applicables.

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Qu’est-ce qui caractérise un SSI de catégorie A ?

Un SSI de catégorie A couvre la chaîne allant du repérage d’un départ de feu aux commandes destinées à assurer la protection des occupants et du bâtiment. Il associe la signalisation de l’événement, le traitement des informations et le pilotage des fonctions de sécurité incendie.

Son architecture repose sur deux ensembles complémentaires :

Cette architecture distingue le SSI d’une simple alarme incendie. L’alarme n’est qu’une de ses fonctions : les commandes peuvent aussi agir sur chaque dispositif actionné de sécurité (DAS) affecté au compartimentage, au désenfumage ou au déverrouillage des issues et des accès. Ces dispositifs exécutent les actions programmées par le scénario.

Le niveau de couverture résulte ainsi de l’association entre la détection automatique, la signalisation et les commandes de mise en sécurité. Cette couverture doit rester cohérente avec les risques retenus lors de la conception, les procédures appliquées sur le site et les objectifs de protection incendie de l’établissement.

Comment fonctionne un système de sécurité incendie de catégorie A ?

De la détection à la mise en sécurité

Le fonctionnement d’un SSI de catégorie A suit un scénario ordonné :

  1. Un détecteur automatique identifie un événement ou un déclencheur manuel est actionné.
  2. L’ECS affiche la nature du signal et la zone concernée.
  3. L’information est transmise au CMSI, qui traite le scénario de sécurité incendie prévu.
  4. L’UGA, ou unité de gestion d’alarme, diffuse, selon le scénario, une alarme restreinte destinée aux personnes chargées d’examiner l’événement.
  5. Après la temporisation applicable, l’UGA déclenche l’alarme générale et le signal d’évacuation.
  6. Le CMSI commande les DAS : compartimentage et désenfumage dès la détection, déverrouillage des issues avec l’alarme générale.

La temporisation concerne les équipements d’alarme de types 1, 2a et 2b dans les conditions fixées par l’article MS 62. Elle ne doit ni interrompre la chaîne de traitement ni retarder une action prévue sans délai.

L’AES, ou alimentation électrique de sécurité, contribue à la continuité des fonctions essentielles. Elle prend le relais des alimentations électriques normales lorsque les réseaux électriques du bâtiment sont perturbés.

À retenir

Un SSI ne se limite pas à diffuser un signal sonore. Il coordonne le traitement de l’événement et les actions de protection prévues face au feu.

Quel matériel remplit chaque fonction ?

La liste du matériel s’organise par fonction afin de vérifier le rôle de chaque élément dans le scénario.

Fonction Équipements concernés Rôle
Repérage et signalisation Détecteurs automatiques, déclencheurs manuels et ECS Identifier l’événement et localiser la zone
Traitement et commande CMSI et UGA Appliquer le scénario et gérer les signaux
Diffusion de l’alarme incendie Dispositifs de diffusion associés à l’équipement d’alarme Informer les occupants
Actions de sécurité DAS de compartimentage, de désenfumage ou de gestion des accès Exécuter les commandes programmées
Alimentation AES et matériels associés Maintenir les fonctions indispensables

Comment encadrer la conception ?

La conception nécessite une coordination SSI afin d’assurer la cohérence entre les zones, les scénarios et les commandes. Le dossier d’identité du SSI rassemble les informations nécessaires à sa compréhension, à son exploitation et à sa maintenance.

Les normes NF S 61-931 à NF S 61-936 encadrent l’organisation des SMSI. La norme NF S 61-970 concerne le SDI. Ces références structurent la conception de ces systèmes sans remplacer les prescriptions propres à chaque ERP.

Quelles sont les cinq catégories de SSI ?

Selon l’article MS 53, les catégories A à E correspondent à des architectures distinctes, présentées par ordre de sévérité décroissante.

Catégorie de SSI Détection automatique Organe de commande des DAS Équipement d’alarme associé
A Présente, avec détecteurs et déclencheurs manuels CMSI avec UGA Type 1
B Absente, avec déclencheurs manuels CMSI avec UGA Type 2a
C Absente DCS Type 2b, 3 ou 4 selon la prescription
D Absente DCMR Type 2b, 3 ou 4 selon la prescription
E Absente DCM Type 2b, 3 ou 4 selon la prescription
Attention

La catégorie du SSI et le type d’équipement d’alarme sont deux classifications distinctes. Elles ne doivent pas être confondues avec la catégorie de l’ERP.

Quelle différence entre les catégories A et B ?

La catégorie A intègre des détecteurs automatiques et des déclencheurs manuels. Elle s’appuie sur un CMSI pour diffuser l’alarme et commander les DAS.

La catégorie B ne comporte aucun SDI. Son CMSI, associé à une UGA 2a, est actionné par des déclencheurs manuels. La différence porte donc sur l’origine de l’information qui engage les fonctions de sécurité incendie, et non sur le seul modèle de centrale.

Critère Catégorie A Catégorie B
Détecteurs automatiques Intégrés Absents
Déclenchement manuel Présent Présent
Centralisation CMSI avec UGA CMSI avec UGA 2a

Où un SSI de catégorie A est-il obligatoire ?

Un SSI de catégorie A n’est pas imposé à tous les établissements recevant du public. La prescription qui définit les obligations incendie d’un ERP tient compte de plusieurs critères :

Trois classements doivent donc rester séparés : la catégorie de l’ERP, la classe du SSI et le type d’équipement d’alarme incendie.

Comment classer les ERP par effectif ?

L’article R. 143-19 du Code de la construction et de l’habitation répartit les ERP en cinq catégories.

Catégorie d’ERP Effectif accueilli
1re Plus de 1 500 personnes
2e De 701 à 1 500 personnes
3e De 301 à 700 personnes
4e 300 personnes au plus, hors 5e catégorie
5e Sous le seuil fixé pour le type concerné

Ces catégories d’établissements ne déterminent pas, à elles seules, l’architecture à retenir. La matrice suivante présente uniquement les cas établis par les prescriptions citées.

ERP concerné Risques et locaux SSI prescrit Matériels attendus
U avec locaux à sommeil Accueil de personnes et hébergement A selon U 44 Détecteurs, CMSI, UGA et DAS
O pour les hôtels Hébergement A selon O 19 Détecteurs, CMSI, UGA et DAS
M de 1re catégorie Effectif accueilli B selon M 30 CMSI, UGA 2a, déclencheurs manuels et DAS
M de 1re catégorie après avis motivé Configuration examinée par la commission de sécurité A si la commission le prescrit Composition définie par la prescription
Bon à savoir

Pour un ERP de classe M en 1re catégorie, la classe A n’est retenue qu’après avis motivé de la commission de sécurité.

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Comment exploiter un système de sécurité incendie de catégorie A ?

L’exploitation quotidienne demande des procédures lisibles et des utilisateurs formés. Ceux-ci doivent savoir lire les informations affichées, savoir distinguer un défaut d’un événement incendie et savoir appliquer les consignes sans dépasser leur périmètre d’intervention.

La conduite à suivre peut être organisée ainsi :

  1. Repérez la zone signalée sur l’ECS.
  2. Identifiez la nature de l’événement ou du défaut.
  3. Appliquez la procédure d’alerte et d’évacuation prévue.
  4. Contrôlez la prise en compte des commandes programmées.
  5. Consignez le signal, les actions et les anomalies dans le registre de sécurité.
  6. Utilisez la liste de contrôle interne avant de transmettre la demande de maintenance.

La formation porte sur la lecture du tableau, les consignes, les limites d’intervention et les personnes à prévenir. Les supports de formation doivent correspondre aux équipements et aux procédures du site. La traçabilité de cette formation permet de vérifier que les utilisateurs concernés disposent des connaissances attendues et facilite l’intégration de nouveaux utilisateurs.

Pour un parc multi-sites, le pilotage de la sécurité incendie repose sur des pratiques homogènes :

La maintenance SSI associe contrôles, essais, traitement des défauts et opérations préventives ou correctives. Pour les SSI A et B, l’article MS 73 prévoit une vérification par un organisme agréé lors de la mise en service, puis tous les trois ans. Les règles applicables permettent de déterminer si un contrat de maintenance SSI obligatoire concerne l’établissement.

Un devis de maintenance doit préciser le périmètre contrôlé, les matériels concernés, la traçabilité attendue et les modalités de traitement des anomalies. La comparaison des devis doit porter sur ces éléments opérationnels plutôt que sur le seul volume d’interventions.

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